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  • Femme transportant une récolte en Afrique

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02.03.2012

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Thibault Lescuyer

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3 questions à Mathieu Dubreuil, PlaNet Guarantee Sénégal

Diplômé de l’EDHEC, Mathieu Dubreuil est responsable de PlaNet Guarantee Sénégal et chef de projet Assurance Récolte Sahel. Interview depuis Dakar au Sénégal, où est installé le siège de l’entreprise.

En quoi PlaNet Guarantee est-elle un « social business » ?

Tout simplement parce que les principes de l’entreprise sociale sont inscrits dans nos statuts. Pour faire simple, on peut les résumer à trois principaux éléments :

  • 1. Le but de l’entreprise est de construire des solutions innovantes à des problèmes de société auxquelles les entreprises classiques n’ont pas apporté de réponse.
  • 2. Le profit financier est considéré comme un moyen, non comme une fin.
  • 3. Les bénéfices seront réinvestis prioritairement dans l’entreprise.
  • En d’autres termes, notre entreprise, qui est enregistrée comme courtier d’assurance et de réassurance, a une mission sociale qu’elle s’efforce de concilier avec un vrai impératif de rentabilité, ou du moins d’équilibre financier.

    Pour affronter les risques climatiques en Afrique, les systèmes informels comme les tontines ne sont donc pas suffisants ?

    Les tontines (qui sont des groupes d’entraide traditionnels, présents notamment dans les villages) servent avant tout aux besoins d’épargne et de crédit occasionnel. Elles peuvent être adaptées pour les risques de santé individuels, en prêtant par exemple à une famille qui a besoin de faire opérer son enfant… Mais que se passe-t-il si tous les agriculteurs du village perdent leur récolte en même temps ? Clairement, quand un risque s’abat sur le village en entier, la tontine n’est pas suffisante.

    C’est donc là qu’intervient la notion de « social business » : il s’agit, à travers la micro-assurance, de répondre à un problème qui aujourd’hui, n’a pas de réponse satisfaisante.

    Qu’est ce qui vous motive dans la micro-assurance ?

    Aux yeux de certains, le monde de l’assurance peut sembler déprimant, puisqu’on s’intéresse à des catastrophes et à des mauvaises nouvelles ! Mais je trouve le secteur de la micro-assurance assez passionnant. D’une part on essaie de répondre à des problématiques essentielles, à commencer par la sécurité alimentaire… Autre intérêt, nous intervenons sur un terrain presque vierge, où tout est à construire. C’est extrêmement motivant !

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