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  • Une jeune fille porte une bombonne d'eau à Manshiyet Nasser en Egypte le 18 mai

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21.03.2012

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La Rédaction

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Accès à l’eau : contre les mafias de l’eau

Washington Post

«Imaginez que vous êtes une jeune femme et que vous vivez dans un bidonville, par exemple à la périphérie de Nairobi ou de Bombay. Vous passez plusieurs heures chaque jour à attendre que l’eau arrive, livrée par un camion. Quand le camion finit par arriver, c’est le chauffeur qui décide du prix». C’est ainsi qu’April Rinne, directrice du programme watercredit, lancé par l’ONG water.org, décrit le quotidien des exclus de l’eau courante. Approvisionnés par une mafia de l’eau, ils paient un prix au litre qui peut être 5 à 15 fois plus élevé que celui facturé par les services municipaux. Pire encore, la qualité de l’eau apportée par les camions n’est jamais vérifiée et rien ne garantit qu’elle soit saine.

Mais la privation d’eau concerne aussi les toilettes et les réseaux d’assainissement. Peu abordée dans les grands médias et mal financée par les bailleurs de fonds, la question des latrines est pourtant vitale, plaide April Rinne. L’absence de toilettes et d’eau dans les écoles dissuade par exemple les jeunes filles d’aller à l’école pendant leurs menstruations : encore un sujet tabou, qui contribue à l’exclusion. Au total, Water.org a calculé que 443 millions de jours d’école étaient perdus chaque année à cause du temps passé à aller chercher de l’eau (une tâche souvent dévolue aux enfants) et des maladies liées à l’eau.

Face à cet enjeu, aucune solution miracle, mais plutôt un faisceau d’initiatives et de solutions : du microcrédit aux infrastructures publiques, des solutions existent, tandis que de nouvelles innovations apportent leur pierre à l’édifice : En Inde, Nextdrop permet par exemple aux habitants d’Hubli (une ville d’un million d’habitants) de connaître la qualité de l’eau acheminée par la voirie publique, en temps réel. Comment ? Via un partenariat avec la régie d’eau locale, permettant de communiquer l’état du réseau par une application sur téléphone mobile. Devant les solutions existantes ou à développer, «pas question de perdre une minute de plus, ou plutôt une goutte», conclut la responsable de Watercredit, en guise d’appel à la mobilisation.