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26.04.2011

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Jacques Attali soutient Muhammad Yunus

source : csmonitor.com

« Au lieu de mener une vie paisible et confortable, il avait choisi de s'engager dans la lutte contre la pauvreté en développant le microcrédit, un outil qui a réussi bien au delà de ses attentes. Mais comme trop souvent dans l'histoire, personne n'est prophète en son pays ». En ces mots, Jacques Attali, économiste et écrivain, partie cofondateur de Microworld, prend la défense de Muhammad Yunus, dans un article publié par la revue américaine Christian Science Monitor. Yunus, le fondateur de la Grameen Bank qui vient d'être limogé par le gouvernement du Bangladesh pour des raisons politiciennes, n'a rien à se reprocher, estime Jacques Attali, qui le décrit comme un « humble visionnaire ».

Jacques Attali, qui confesse connaître Muhammad Yunus depuis plus de 10 ans, rappelle que ses tracas avec le gouvernement de son pays ne datent pas d'hier et que la banque Grameen avait déjà été accusée à plusieurs reprises de pratiquer des taux d'intérêt élevés. Attali estime justement que ces taux « font partie intégrante du système de la microfinance, parce qu'ils permettent de couvrir des coûts administratifs élevés et de développer une activité soutenable financièrement ». D'autre part, les accusations portées à l'encontre de Yunus sont selon lui sans fondement, sauf à juger que Muhammad Yunus a peut-être « surestimé l'impact de la microfinance ».

Rejoignant une opinion formulée par Sir Fazel Fazle Hasan Abed, fondateur de BRAC, la deuxième institution de microfinance bangladaise, Jacques Attali considère que l'éviction de Yunus est irresponsable car elle risque de fragiliser une institution forte de 25 000 employés et de plus de 8 millions d'emprunteurs actifs. Attali rappelle aussi que Yunus a toujours été « un promoteur avant-gardiste d'une régulation intelligente de la microfinance, ce qui est indispensable pour lui permettre d'atteindre ses promesses ». Plus largement, le secteur de la microfinance a besoin de l'expérience et de la légitimité du professeur Yunus pour affronter les questions de rentabilité et de surendettement. La dimension internationale de Yunus lui préservera peut-être cette chance.

Pour en savoir plus, voir l’article : Muhammad Yunus, les raisons d’une éviction

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