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  • Accès à l'énergie dans les pays pauvres

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26.01.2012

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Thibault Lescuyer

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Le groupe PlaNet Finance engagé contre la précarité énergétique

Lancée par PlaNet Finance et la fondation Citi, l’initiative Microenergy vise à concevoir des solutions contre la précarité énergétique dans les zones péri-urbaines d’Afrique du Sud. Parmi les pistes d’expérimentation, la micro-franchise et l’énergie solaire sont privilégiées.

Depuis 2010, PlaNet Finance et la fondation CITI travaillent dans deux régions d’Afrique du Sud, en coopération avec plusieurs Institutions de microfinance (IMF) et fournisseurs de «mobile banking»(services bancaires via mobiles).

L‘objectif est de concevoir des offres commerciales, couplant des produits éco-efficients avec des micro-financements. Pour les distribuer, PlaNet Finance expérimente aussi un système de micro-franchise innovant s’appuyant sur un réseau d’entrepreneurs franchisés, qui doit faciliter un déploiement à grande échelle.

Sur le papier, la microfranchise présente plein d’avantages, mais encore faut-il trouver la bonne formule (produit, prix, formation, maintenance). Un véritable défi, qui pour être relevé, demande du temps et une vraie démarche d’innovation.

Un terrain représentatif de la précarité énergétique en Afrique

Boland, une zone semi-rurale du Sud, dans la province du Cap et plus au Nord, une zone de banlieue dans la région de Pretoria. Comme l’explique Mehdi Dutheil, de PlaNet Finance, les deux lieux choisis sont représentatifs des zones semi-urbaines qui concentreront l’augmentation de la population dans les 20 ou 30 prochaines années.

La plupart des habitants vivent dans des maisons individuelles qui ne sont pas raccordées au réseau électrique. Par conséquent, pour se chauffer (en juillet, sous ces terres australes, il fait 5 degrés la nuit), cuisiner et s’éclairer, la majorité utilisent des sources d’énergie polluantes ou en voie d’épuisement : kérosène et bois, essentiellement.

Les solutions alternatives comme les chauffe-eau solaires ou les fours de cuisson améliorés, proposées par la Microenergy Alliance, sont encore très peu répandues.

Identifier les freins

Les obstacles sont en effet nombreux. Certains habitants ont des raccordements sauvages. Ils sont donc habitués à l’électricité gratuite. D’autres considèrent, à tort ou à raison, l’accès à l’énergie ou à l’eau chaude gratuite comme un droit… C’est d’ailleurs la promesse que leur ont faite certains candidats aux élections locales, au printemps 2011.

Dans ce contexte, pour Mehdi Dutheil de PlaNet Finance, le succès passe notamment par l’exemple. «Tant qu’ils n’ont pas vu quelqu’un faire fonctionner un système solaire précis, ils restent très circonspects». Autre élément pour réussir : une approche marketing très étudiée.

Le choix de la cible et du produit: marketing BoP

A 35 ans, Mehdi Dutheil est diplômé d’HEC et spécialiste du marketing BoP, ce modèle de création de marché cherchant à répondre aux besoins essentiels (eau, alimentation, énergie, santé ou éducation) des plus pauvres. Ceux que le professeur C.K. Prahalad a baptisé le «bottom of the pyramid» (BoP).

Mehdi et son équipe ont appris à identifier les cibles pour l’expérimentation et à distinguer les «segments» du BoP, autrement dit les groupes de clients potentiels homogènes. Ce sont des personnes qui habitent des habitats informels (sans permis de construire), avec des revenus entre 100 et 200 euros par mois. Leur activité ? Ils se répartissent entre «blue collars» (ouvriers), travailleurs indépendants, inactifs, retraités et travailleurs domestiques. Et ils correspondent également, pour la plupart, aux personnes visées par les IMF partenaires.

Du chauffe-eau solaire au «wonder-bag»

Les réunions avec les habitants et les IMF ont aussi permis de définir les produits prioritaires: chauffe-eau solaires permettant aussi de recharger des téléphones, fours de cuisson propres, mais aussi les «wonder bags», qui ont convaincu plus d’un incrédule. Ces coussins isolants permettent de continuer à faire bouillir une marmite hors du feu, économisant un précieux carburant. 150.000 sont déjà utilisés en Afrique du Sud…

Multiplier la R&D avec la microfinance

Après ces phases exploratoires, Microenergy Alliance a conçu plusieurs expérimentations avec ses partenaires, préalables à la mise en place de la microfranchise. Avec Wizzit, par exemple des «comptes d’épargne énergie» ont été testés. Ce système consiste à épargner sur un compte bancaire associé à un téléphone portable. Avant de pouvoir acheter, le client doit épargner. Quand il a accumulé le prix du four de cuisson ou du chauffe-eau, il en devient propriétaire.

Avec Kuyasa Fund, une IMF spécialisée dans les prêts au logement sur la région du Cap, les chauffe-eau solaires ont été proposés avec des microcrédits. Des démonstrateurs ont été installés sur une agence de l’IMF, construite dans un container en tôle ondulée, comme les maisons des habitants voisins.

Mais c’est la solution de microfranchise, testée depuis le printemps 2011, qui concentre l’énergie de Mehdi Dutheil et de son équipe. Après les six premiers mois de mise en place, «le modèle est désormais plus clair» et plusieurs signes positifs sont à relever, dont notamment le fait que les franchisés achètent un stock tampon conséquent. «Ils commencent à croire au système, ils ont le sourire aux lèvres!» se réjouit Mehdi Dutheil.

La microfranchise: avenir de la microfinance?

A la fin de l’année 2011, une vingtaine d’agents franchisés par la Microenergy Alliance proposaient la gamme des produits sélectionnés. Ils ont en commun une marque, un catalogue, une formation et des procédures commerciales. Chacun dispose d’un compte bancaire sur un téléphone mobile, grâce au partenariat avec Wizzit. L’expérimentation doit se poursuivre en 2012, l’objectif étant de fournir 1000 foyers grâce 100 franchisés.

A terme, le système de franchise pourrait être reproduit et déployé à plus grande échelle. Et les franchisés se retrouveront à une place idéale pour apporter d’autres produits essentiels (eau, médicaments …).

Dans cette logique, le rôle des IMF deviendrait plus large qu’actuellement : ils financeraient des packages, sortes de «business in a box», commercialisés par leurs agents franchisés. Ces derniers pourraient accéder progressivement à la qualité de vie de la classe moyenne sud-africaine, tandis que les clients finaux gagneraient en confort, sur des besoins essentiels.

Pour en savoir plus: Consultez nos dossiers thématiques "La Microfinance et les nouvelles technologies" et "Microfinance et environnement: un nouvel horizon"

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