12.13.2011

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La Rédaction

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La culture du riz au Cambodge: le guide du débutant

Les prêteurs de MicroWorld ont pu remarquer que la culture du riz est une activité commune aux emprunteurs cambodgiens du site. Des prêts pour des engrais et d'autres articles destinés à améliorer le rendement des cultures font partie des demandes courantes. De nombreux emprunteurs parlent des récoltes en saison sèche et humide, des effets des récentes inondations sur les cultures, et de leurs besoins en machines ou en bétail pour les aider dans leur travail. Nous voulions aider nos prêteurs à acquérir une compréhension plus profonde de l'industrie qui est le pilier de l'agriculture cambodgienne, nous avons donc demandé à Sokchea Huot, Correspondant MicroWorld de notre institution partenaire de microfinance cambodgienne (SAMIC), de mettre sur pied cet article pour nous. Nous espérons qu'il vous donnera plus de contexte à certains des profils de prêt que vous voyez sur le site.

Le riz est essentiellement cultivé à l’aide des pratiques agricoles traditionnelles pratiquées par plus de 80% des agriculteurs cambodgiens. Le riz est la nourriture de base des cambodgiens et sa culture est la plus importante du pays. Le riz est principalement produit durant la saison des pluies, mais les récoltes durant la saison sèche les complètent de plus en plus. Le rendement augmente d’année en année, grâce à l’accès à de meilleurs engrais et autres produits.

Les pratiques agricoles de culture du riz varient entre les basses-terres pluvieuses, les hautes-terres, les eaux profondes et les régions irriguées. La plupart des terres rizicoles au Cambodge sont cultivées par des agriculteurs utilisant deux bœufs et le traditionnel versoir ou charrue à soc et la herse.
Les différentes étapes de la culture du riz sont décrites ci-dessous:

Préparation de la terre

Dans les basses-terres pluvieuses, la majorité des champs sont labourés à l’aide de deux bœufs que le sol soit humide ou inondé. Le labourage se déroule normalement en mai ou en juin. Le sol est labouré à une profondeur de 70-100 mm et, en fonction des conditions du sol, il a besoin d'être labouré à nouveau 3-6 semaines après le travail initial, après quoi les champs sont normalement hersés.

Dans les zones dites de « riz flottant » (espèce de riz cultivable dans des champs pouvant être totalement inondés), les champs sont labourés de Février à Mai. Lorsque le sol n'est pas cultivé par des herses ou labouré après la dispersion des semences, des oiseaux et des rongeurs ont tendance à manger une grande part des graines.

Dans les régions irriguées, le sol est parfois plus facile à travailler grâce à une teneur en humidité plus élevée. Lorsque le bétail est utilisé, les champs sont travaillés dès que possible après la récolte ou, si le sol est sec, les champs peuvent être inondés avant de travailler. Les tracteurs sont préférés car ils permettent d’accomplir la tâche beaucoup plus rapidement.

Sources d’énergie:

Labourer avec des animaux : Le bœuf ou le buffle sont toujours les sources d’énergie les plus populaires pour la préparation et le transport de la terre. Une paire de bœuf/buffle peut être acheté pour 1000$ environ. Les buffles sont préférés dans les régions irriguées car ils sont plus forts que les bœufs, mais ils sont aussi plus chers.

Labourer avec un tracteur à quatre roues: Les tracteurs à quatre roues sont utilisés au Cambodge, mais restent inaccessibles pour la plupart des agriculteurs à cause de leur coût. Le prix d’un tracteur neuf est généralement de plus de 10 000$. La réparation et l’entretien des tracteurs est aussi un gros problème, surtout si les fournisseurs locaux ne disposent pas de pièces de rechange.

Les « Hand-held walking tractors » (sorte de tracteurs « manuels »): Ils ont été importés du Japon, de Thaïlande et de Chine pour être utilisés au Cambodge, et ils ont une capacité de travail de 4-5 fois celle d’une paire de bœufs. Cependant, Les agriculteurs se plaignent que ces machines nécessitent autant d’énergie pour fonctionner que les méthodes traditionnelles, et que leurs prix sont élevés. Connu sous le nom de Kor Yun pour les cambodgiens, son coût varie entre $4,000 et $10,000(entre 3000€ et 7500€).

Beaucoup d’agriculteurs manquent d’argent pour acheter une paire de bœufs, un tracteur ou un “walking tractor”, donc ils se tournent vers les IMFs, les banques et d’autres sources de financement pour demander un prêt. S’ils n’ont pas assez d’argent pour acheter ces différents éléments et s’ils ne peuvent pas bénéficier d’un crédit, ils devront alors les louer à leurs voisins. Cependant, cette dernière option reste chère car les ressources sont utilisées pour une période prolongée. SAMIC a accordé de nombreux prêts à des clients qui désiraient acheter des bœufs et des hand-held tractors qui leur permettent d’avoir leur propre source d’énergie pour la culture de riz.

La plantation

Toutes les cultures de riz sont plantées manuellement, soit en les repiquant dans une pépinière, ce qui prend habituellement jusqu’à 15 à 20% de la surface agricole, soit en les diffusant (diffusion sur une large zone). Les techniques de plantation utilisées par les agriculteurs dépendent aussi bien de la localité que l’écosystème du riz. Le repiquage est la technique la plus commune car elle offre un meilleur rendement.

Le repiquage, cependant, est très laborieux, il nécessite entre 30 et 40 personnes par jour pour créer un hectare de riz. Si une famille n’a pas suffisamment de membres pour faire ce travail, ils auront besoin d’embaucher des travailleurs de la région environnante pour les aider. C’est une autre raison commune de prendre un crédit, que l’agriculteur remboursera après la récolte.

Le désherbage et la lutte antiparasitaire

Les agriculteurs désherbent manuellement leurs champs et utilisent aussi des produits chimiques pour limiter la propagation des mauvaises herbes. La plupart d’entre eux utilisent des pesticides pour empêcher que les parasites endommagent leurs récoltes. Mise à part l’utilisation de leur épargne, les prêts sont souvent le meilleur moyen pour eux de financer ces achats.

La fertilisation

C’est une étape importante dans la culture du riz. En plus d’utiliser du fumier, beaucoup d’agriculteurs utilisent des engrais pour leurs pépinières et leurs champs. Tous les engrais sont appliqués manuellement. Le fumier est transporté par des charrettes à traction animale durant la saison sèche et placés en tas dans les champs. L’épandage se fait par le mouvement des eaux pendant la préparation du terrain. Les engrais minéraux sont répartis à la main et, le cas échéant, intégrés par hersage. Certains agriculteurs achètent leur engrais pendant la première partie de la saison agricole pour bénéficier de prix moins élevés.

L’irrigation

Certaines zones de riziculture au Cambodge sont irriguées pendant la saison sèche pour permettre aux agriculteurs de planter du riz deux ou trois fois par an. L’utilisation des systèmes d’irrigation a augmenté ces dernières années. Cependant, beaucoup d’agriculteurs auront toujours besoin d’installer un système de pompage de l’eau à cause de la distance avec les sources.

La récolte

La coupe

Les cultures sont récoltées manuellement et attachées en gerbes. Ces gerbes sont placées en haut d’un chaume ou transportées vers un site central de battage ou elles sont séchées pendant 2-3 jours. Selon la région, le battage se fait sur un site central dans le champ ou dans le village.

Un petit nombre d’agriculteurs possèdent leur propre coupe mécanisée ou des machines à cueillettes, mais cela est rare en raison du coût élevé d’une telle machine.

Le battage

Le grain est retiré de la panicule selon différentes façons. Les techniques suivantes sont utilisées par les agriculteurs cambodgiens:

  • Les gaines sont posées sur la chaussée afin qu’elles soient écrasées par des véhicules de passage.
  • Le battage à la main est fait en utilisant une planche contre laquelle les selles sont frappées.
  • Le battage se fait sur un sol dur en utilisant soit des animaux ou des machines qui marchent ou roulent dessus.
  • Les batteuses mécaniques peuvent être utilisées.

Cet article contient des extraits de Rice production in Cambodia de Harry J Nesbitt, Cambodia-IRRI-Australia Project, 1997

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