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07.08.2013

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Comment les IMF gèrent-elles les catastrophes naturelles ?

Inondation, sécheresse, cyclone tropical, ouragan, pluie torrentielle sont autant de phénomènes climatiques extrêmes auxquels sont exposées un grand nombre d’Institutions de Microfinance (IMF).

De nombreuses IMF opèrent actuellement dans des pays particulièrement exposés aux catastrophes naturelles et doivent composer avec les contraintes qu’elles impliquent.

Avant la catastrophe : plan d’urgence et anticipation

Pour se préparer et faire face à une catastrophe naturelle, toutes les IMF doivent d’abord définir et mettre en place un plan d’urgence qui tient compte de l’environnement de celles-ci. Celui-ci va permettre de savoir quoi faire en tant de crise mais aussi et surtout de protéger les actifs de l’IMF.

Pour protéger ses actifs physiques et financiers, l’IMF doit passer par quelques unes des étapes suivantes :

  • Assurer ses actifs physiques
  • Mettre en place un système de sauvegarde et de récupération de données
  • Sécuriser le stockage des dossiers de crédit
  • Protéger les avoirs en espèces via des comptes bancaires
  • Diversifier le portefeuille de prêts (situation géographique, type de client, type de prêts)
  • Élargir l’offre de produits financiers : micro-assurance, épargne

  • Une IMF doit disposer de moyens afin d’aider ses clients à anticiper et donc à se préparer à une éventuelle catastrophe naturelle. Pour ceci, l’IMF peut proposer des prêts responsables, peut mettre en place des dépôts obligatoires qui serviront à aider financièrement les clients victimes de sinistres ou encore de posséder des ressources utilisables post-catastrophe via des transferts d’argent réguliers.

    Après la catastrophe : évaluation du portefeuille de prêts

    Après une catastrophe naturelle, les IMF doivent faire un bilan de la situation. Celui-ci passe par plusieurs étapes comme faire le bilan des actifs, sécuriser le personnel et mettre en place une cellule de crise, analyser l’impact de la catastrophe, évaluer la trésorerie ou encore trouver des liquidités pour répondre aux besoins des clients.

    Ensuite, vient la phase d’analyse et de suivi du portefeuille client touché, la modification de la méthodologie de remboursement et de refinancement ainsi que la création de nouveaux produits d’urgence.

    Enfin, en dernier lieu, l’IMF doit mettre en place une stratégie à moyen terme de reconstruction en examinant l’offre de produits spécifiques, en évaluant le nouveau marché et les sources de financement nécessaires à ses clients.

    Comme pour toute catastrophe naturelle, l’IMF doit également procéder à une évaluation des clients touchés notamment via des enquêtes pour déterminer le niveau de gravité des dommages subis, les préoccupations immédiates des clients et si ils ont ou non la capacité à continuer de rembourser le prêt. En tout point, l’IMF doit se positionner comme un appui et faire preuve de sensibilité face aux pertes subies.

    Après l’évaluation des clients, chaque prêt sera évalué au cas par cas pour déterminer les meilleurs ajustements de crédit possibles et pour éviter les situations de surendettement.

    Dans quels cas les IMF peuvent-elles proposer des prêts d’urgence après une catastrophe ?

    Les prêts d’urgence ont pour but de couvrir les besoins basiques des clients ou de remplacer des biens perdus directement après un sinistre.
    Ce type de prêt n’est pas approprié dans toutes les situations, c’est pourquoi il est nécessaire que les IMF tiennent compte de toutes les investigations menées antérieurement sur le client et sa situation actuelle.

    Les IMF doivent se poser les questions suivantes : le client a-t-il un moyen de subsistance ? Le client a-t-il une source existante de revenu? Est-ce que le bien perdu est directement lié à une activité génératrice de revenu?

    Si les réponses à ces questions sont positives, alors un prêt d’urgence peut être approprié car le client a les moyens de rembourser un prêt. Dans le cas contraire, d’autres options s’avèrent plus appropriées comme l’assistance ou la subvention financière.

    Quelles sont les limites des IMFs dans la résolution d’un sinistre ?

    Même si les services financiers des IMF sont importants dans ce type de situation, ils sont seulement une partie de ce qui est nécessaire pour aider à la reconstruction du pays et des victimes d’une catastrophe naturelle. Les services médicaux, la distribution de vivres, les habitations temporaires, la reconstruction et d’autres...sont également des moyens cruciaux après un sinistre et qui ne peuvent être fournis par les IMF.

    Sources : Le Portail de la Microfinance, Microfinance Gateway

    Tags : imf, institution de microfinance, catastrophe naturelle, sinistre, microworld