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08.03.2011

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MicroWorld

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Déploiement du mobile banking : 3 questions à Arvind Ashta

Titulaire de la chaire de Microfinance à l’ESC Dijon, Arvind Ashta participe à de nombreux travaux de recherche sur la microfinance dans les pays du Sud.

Le mobile banking remplace-t-il le contact entre l’emprunteur et l’agent de microcrédit ?

Certainement pas.

Avec le remboursement du prêt par téléphone, l’emprunteur n’a plus, en théorie, besoin d’aller chez l’Institution de Microfinance (IMF). De même, l’agent de microcrédit n’a pas à se déplacer auprès du client, en théorie toujours, puisque l’emprunteur rembourse via l’opérateur mobile, typiquement en allant dans une boutique de téléphone où il crédite son compte « mobile money » [associé à son numéro de téléphone et à sa carte SIM]. L’argent est ensuite viré sur le compte de l’IMF.

Mais le contact physique entre l’IMF et le client restera nécessaire. Pour trouver les nouveaux clients, mais aussi pour obtenir les remboursements. Car dans la pratique, c'est souvent le contact fréquent avec l'IMF qui pousse l'emprunteur à rembourser.

Quelles sont les barrières au déploiement du mobile banking ?

L'IMF doit d’abord investir dans un software spécifique, qui permet de gérer le compte bancaire mobile lié au numéro de téléphone. Elle doit aussi équiper ses agents de microcrédit en téléphones portables, pour qu’ils puissent eux-mêmes procéder aux transactions.

A qui profitera le mobile banking appliqué au microcrédit ?

L'intérêt du mobile banking est d’abord de réduire les coûts pour l'IMF, dans la mesure où cela lui permet d’économiser du temps : l'agent de microcrédit peut valider les remboursements par SMS, par exemple. Pour l'emprunteur, l'intérêt devrait donc être une baisse du taux d'intérêt.

Mais les plus intéressés, voir les gros gagnants, seront probablement les opérateurs mobiles qui vont pouvoir fidéliser leurs clients avec les services bancaires.

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