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24.04.2014

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L’inclusion financière : un enjeu pour les pays en développement et pays développés

2,5 milliards d'adultes n'ont actuellement pas accès aux services financiers de base, soit la moitié de la population adulte mondiale. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas accès à un compte courant de base, au crédit, à une assurance et à un produit d'épargne. En cela l'inclusion financière se distingue d'autres notions proches mais plus restreintes comme la bancarisation, la microfinance, le microcrédit...

Le lien entre inclusion financière et inclusion sociale

L’inclusion financière est une composante de l'inclusion sociale (accès des populations à des services de base comme l'emploi, la santé, le logement ou l'éducation). Elle représente de ce fait un enjeu économique et social majeur, non seulement dans les pays en développement mais aussi dans les pays développés, qui n'échappent pas à l'exclusion financière d'une partie de leur population.

L'inclusion financière, un enjeu mondial pour le développement

Quelques chiffres permettent de mesurer le défi que représente aujourd'hui dans le monde, l'inclusion financière :
• près de 75 % des adultes gagnant moins de deux dollars par jour n'ont pas de compte en banque,
• plus 50% de la population vivant dans les pays en développement n'ont pas de compte en banque, contre 10 % dans les pays riches et développés ;
• parmi les personnes ayant un compte, seul 43 % l'utilisent pour épargner ;
• Dans les pays en développement, seulement 37% des femmes, contre 46% d'hommes, disposent d'un compte bancaire.

Pour atteindre l’accès universel aux services financiers des adultes d’ici 2020, la Banque Mondiale incite les organismes financiers à mettre en avant des produits qui profitent aux populations pauvres, aux femmes et autres groupes vulnérables.

Des solutions alternatives à la bancarisation se développent

Plusieurs solutions alternatives à la bancarisation ont vues le jour ces dernières années :
- Les opérateurs postaux
- Les institutions de microfinance
- Les services financiers mobiles (ou mobile-banking)
- Le transfert d’argent entre pays

Le mobile-banking est l’une des alternatives qui s’est le plus développée, notamment en Afrique où le mobile sert de carte bancaire virtuelle sans compte bancaire. Au Kenya par exemple, 1/5 des habitants possèdent un téléphone portable et 68% des adultes l’utilisent pour payer leurs factures ou gérer leurs transferts d’argent (2011).

L'éducation financière utile à l'inclusion financière

Parce qu'elle permet aux populations du bas de la pyramide de devenir des consommateurs avertis de produits bancaires, l'éducation financière est une dimension essentielle de l'inclusion financière.

Octroyer aux populations pauvres l’accès aux services financiers de base sans éducation financière peut être risqué. En effet, une mauvaise compréhension des produits, une méconnaissance de ses droits et devoirs en tant que consommateur, une insuffisante capacité à manager son budget peuvent conduire tout un chacun, quel que soit son niveau de richesse, à une mauvaise utilisation des services financiers et donc au surendettement, au paiement de frais bancaires excessifs ou encore à des prises de risque non maîtrisées.

L'inclusion financière dans les pays développés

L'inclusion financière concerne aussi les pays développés, c’est même une préoccupation sociale et économique majeure. En effet, le surendettement bancaire, la précarisation de travailleurs à faibles revenus, mais aussi la fermeture d'agences bancaires et postales dans certaines régions contribuent à éloigner une partie de la population de l'accès aux services bancaires.

En mai 2013, la Commission européenne a publié une proposition de directive visant à généraliser et à faciliter l’ouverture d’un compte courant pour les citoyens européens auprès de n’importe quel établissement de crédit, à assurer la transparence des tarifs et à simplifier la mobilité bancaire. 58 millions de personnes ne disposeraient pas d’un compte bancaire de base au sein de l’Union européenne.

Les disparités restent très importantes entre les différents États membres. Si en France le taux de bancarisation atteint environ 99%, près de 50% de la population en Roumanie et en Bulgarie ne dispose pas de compte courant.

Sources : Chiffres 2012 Mesuring Financial Inclusion, la finance pour tous, YouPhil

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