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02.09.2010

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Thomas Gold

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Une journée avec Luis, agent de crédit chez FONDESURCO

Luis Baca Amanca est un agent de crédit de la branche de Cocachacra de l’institution de microcrédit FONDESURCO. Son travail consiste à évaluer le projet des micro-entrepreneurs qui demandent un prêt à l’institution. Il est également en charge de suivre les projets jusqu’au remboursement final du prêt.

Aujourd’hui, nous passons du temps avec Luis, ainsi que ses 7 collègues de Cocachacra, pour leur expliquer le projet MicroWorld et le rôle qu’ils vont jouer dans cette nouvelle entreprise. En effet sans eux, impossible de récupérer la photo et les informations des micro-entrepreneurs. Mais le rôle de Luis ne s’arrête pas là, car si FONDESURCO affiche de si bonnes performances sociale et financière et s’avère être un partenaire de confiance, c’est parce que Luis et ses collègues sont avant tout des conseillers de terrain qui ne cherchent pas simplement à placer du capital, mais à accompagner des investissements raisonnés et productifs pour les micro-entrepreneurs.

D’habitude, Luis sort très tôt le matin (vers 4H ou 5H !) pour effectuer ses visites. «Chacun de nous a son propre secteur. Dans le mien, la vallée, ils sont presque tous agriculteurs, ou éleveurs, et c’est tôt le matin qu’on peut les rencontrer ». Après avoir collecté toutes les informations à propos de ses clients, Luis rentre compiler les données en agence, afin que les dossiers puissent être étudiés par le comité de crédit. Le processus est assez poussé, et calcule, entre autres, les sources de revenus possibles liées au projet, pour les comparer aux dépenses engendrées et au prêt sollicité.

Après la formation ce matin, nous partons avec Luis pour la visite de clients. «En ce moment je visite entre 10 et 12 clients par jour. On est en pleine campagne de semence de la pomme de terre. Il y a donc beaucoup d’activité et de demande de prêts. La récolte aura lieu en Octobre-Novembre. Dès que se termine la campagne de pomme de terre, on entre dans l’autre campagne importante, celle de la semence du riz, de Novembre à Janvier ».
Notre première visite nous emmène dans une communauté dont les maisons sont construites principalement en tôle, et séparées les unes des autres par des cloisons en paille. Les rues sont en terre et une assez forte odeur de bétail envahit l’air. C’est d’ailleurs pour financer une activité d’élevage de poulets qu’une cliente de Luis est passée ce matin à l’agence. Au bout de 10 minutes, son compagnon nous ouvre la porte mais ne semble pas au courant de la demande de prêt. La cliente reste injoignable. « Bizarre, se dit Luis, je repasserai mais il faudra que je sois vigilant et que je vérifie que la demande de prêt est réellement liée à l’activité spécifiée par la cliente ».

Nous avons plus de chance au deuxième essai. Jorge nous ouvre sa porte, et nous fait visiter sa maison, dont le toit de tôle laisse filtrer un peu de lumière en cette fin d’après-midi. Après une évaluation de sa maison et son équipement, dont le but est de pouvoir mesurer les progrès des clients récurrents comme Jorge et vérifier que FONDESURCO s’adresse effectivement aux populations en plus grande nécessité, Jorge nous accompagne jusqu’au champ qu’il cultive. Avant, Jorge était un simple travailleur dans les champs alors qu’aujourd’hui il gère sa propre exploitation et Luis peut constater qu’il a bien tout mis en place pour se donner toutes les chances d’avoir une récolte profitable. «C’est un client raisonnable, son prêt correspond exactement à ce dont il a besoin pour son exploitation. FONDESURCO peut apporter jusqu’à 80% du capital nécessaire, mais il faut évidemment une petite participation de l’entrepreneur lui-même ». Le crédit de Jorge, de 1500 Nuevos Soles (environ 400€) sera approuvé dans l’après-midi même et nous quittons Luis et ses collègues pour rentrer au siège de l’institution, basé à Arequipa.

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