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26.07.2011

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Mexique : la microfinance au bord de la crise ?

Source : Microfinance Focus

Intéressante interview que celle d'Alex Silva sur le site spécialisé Microfinance Focus. Le président de la fondation canadienne Calmeadows, qui intervient dans la microfinance depuis vingt cinq ans, notamment en Amérique du Sud, donne son opinion sur l'évolution de la microfinance dans le sous-continent américain. S'il considère que les choses sont globalement allées dans le bon sens ces dernières années, Alex Silva met en garde contre la situation au Mexique, où la situation de la microfinance rappelle, selon lui, celle de la microfinance indienne.

« Beaucoup de ce qui s'est passé en Inde pourrait arriver au Mexique », affirme sans détour Alex Silva, pour qui : «la microfinance mexicaine se caractérise par trop d'effets de levier, par une méthodologie unique et trop d'interférence de la part d'un gouvernement qui joue aussi le rôle d'investisseur. Le gouvernement doit changer sa manière d'agir », estime-t-il, un brin alarmiste.

« Il y a eu des attentes déraisonnables du public, amené à croire que la microfinance serait une solution miracle. En parallèle, la microfinance a été survendue aux investisseurs commerciaux, avec l'idée que le secteur serait immunisé contre les échecs et offrirait une rentabilité élevée », met-il en lumière, tout en martelant les contre-vérités d’un tel discours.

Mais Alex Silva souligne par ailleurs les bonnes pratiques dont le Mexique pourrait s’inspirer. Dans des pays comme la Bolivie, les vendeurs ambulants ont désormais accès à la microépargne, au transfert d'argent ou au microcrédit à un taux de 20%, se réjouit Alex Silva, qui juge ce niveau de taux tout à fait « décent » par rapport à ceux que pratiquent les banques classiques pour des prêts à la consommation. Dans la plupart des pays, la microfinance s'est structurée entre des acteurs commerciaux qui ciblent des PME, et des ONG qui s'adressent aux plus petits entrepreneurs, précise-t-il.