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08.03.2011

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MicroWorld

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La microfinance au gré des nouvelles technologies

La microfinance, en visant les populations les plus pauvres, doit faire face à deux exigences : alimenter en fonds suffisants les IMF pour qu’elles puissent couvrir les risques et proposer plus de prêts, et surmonter l’obstacle des distances, souvent grandes, qui séparent les institutions des clients.

Les technologies du Web et celles de la téléphonie mobile sont aujourd’hui les meilleurs alliés du secteur pour assurer son développement. Exemples :

Le microcrédit en ligne : supprimer les intermédiaires

Le P2P désigne un modèle de réseau informatique fondé sur le partage, dont le plus célèbre, Napster, fut un service d'échange de fichiers musicaux entre internautes au succès foudroyant (1999/2001). Adapté à la finance, le « peer to peer » permet de connecter des petits entrepreneurs des pays du Sud avec des internautes, ces derniers devenant leurs « prêteurs solidaires ».

Le premier projet du genre émerge en 2005, lorsque l’américain Matt Flannery lance Kiva, afin de connecter des internautes du Nord avec des emprunteurs du Sud. Depuis sa création, le site a totalisé 500.000 prêteurs.

Aujourd’hui, une quinzaine de plateformes fonctionnent sur ce mode : chaque site sélectionne une série d’IMF qui envoient en retour le descriptif de projets en attente de financement. L’internaute peut consulter en ligne les demandes de crédits, et choisir directement la personne à qui il souhaite prêter une somme d’argent, dont il détermine le montant (à partir de 10 euros), pendant une durée déterminée (en général inférieure à un an).

Comme l'explique Arnaud Ventura, co-fondateur de PlaNet Finance, les sites de microcrédit en ligne permettent de « supprimer les intermédiaires pour que les gens qui ont de l’argent puissent prêter à ceux qui n’en ont pas ».

Microfinance sur mobile : abolir les distances

On peut être équipé d'un téléphone portable et mais être exclu des services bancaires. Deux milliards de personnes seront dans ce cas en 2012, selon une étude conduite par le GSMA et le CGAP. D’où l’idée d’utiliser l’un pour développer l’autre, ce qui devrait permettre « de fournir des services bancaires à moindre coût », selon Maud Chalamet, directrice de PlaNet Finance au Brésil. Il s’agira alors d’associer un compte bancaire à la carte SIM ou au numéro de téléphone de l’utilisateur.

Mais ces nouveaux services en sont à leurs prémices. Jusqu’à présent, le mobile banking a réellement décollé, comme M-Pesa au Kenya, pour le transfert d’argent de personne à personne. Un service par exemple adapté aux familles séparées entre ville et campagnes, comme le souligne Arvind Ashta, professeur de microfinance à l’ESC Dijon.

Mais il s’agit encore de convaincre les opérateurs de téléphonie de part le monde, et de s’assurer des termes du contrat : les gagnants doivent rester les clients, pas moins que les vendeurs.

En savoir plus sur le mobile banking ?

Microfinance sur mobiles : une étude qui fera date

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