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28.05.2013

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PIERRE-CHARLES

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Le nouvel essor de la microfinance au Cambodge

Après une crise récente du secteur de la microfinance en Asie, celui-ci repart doucement à la hausse et vers des procédures plus strictes et encadrées par l'Etat, notamment au Cambodge où des initiatives pour réguler ce secteur sont en train de naître et de se développer.

Le secteur du microcrédit dans les pays asiatiques a connu une crise délicate en 2010-2011. Cette période de crise, en partie due à des Institutions de Microfinance (IMF) qui ont appliqué des taux d'intérêts trop élevés, a conduit de nombreux micro-entrepreneurs vers une situation de surendettement.

Cette crise de la microfinance dans ces pays a permis au secteur de mûrir pour repartir sur des bases saines en trouvant des solutions pour remédier à ces maux. Toutefois, le coût du microcrédit reste élevé (20% à 27% de taux d'intérêt par an); de nombreux experts reconnaissent cependant que ce taux reste difficilement compressible en raison des frais de fonctionnement d'une IMF en autres.

Au Cambodge, la microfinance est bien encadrée et encouragée depuis 2006 par l'Etat. L’accès au microcrédit dans ce pays reste indispensable: sur 15 millions d’habitants, seul 300 000 disposent d’un compte bancaire.

Aujourd’hui, 1,2 million de personnes sont clientes d’une des 30 IMF agréées par la Banque Nationale de Phnom Penh et leur nombre continue d’augmenter; le taux de remboursement quant à lui tourne autour de 98%.

Le secteur connaît une évolution rapide avec 38% de croissance en 2012, soit bien au-delà de la prévision des experts. Les IMF cambodgiennes dont SAMIC (IMF avec laquelle MicroWorld est partenaire) sont les institutions les mieux notées pour leur système d’information, de gouvernance et de contrôle des risques.

Cependant, plusieurs facteurs extra-financiers pourraient expliquer le développement de la microfinance au Cambodge :

  • Les femmes sont en charge du budget
  • La notion de l’engagement est très forte dans le pays
  • La population est largement tournée vers l’agriculture
  • Les IMF font plus confiance à leur clients
  • Hélène Keraudren, coordinatrice au Cambodge d'Entrepreneurs du Monde, souligne sur « Le Monde.fr » qu’il subsiste toutefois un risque de "surchauffe": « L’offre est trop abondante, elle conduit à un surendettement des ménages ».

    Depuis mai 2011, une loi rendant obligatoire pour toutes les IMF de partager leurs données clients de manière plus détaillée, a initié la création du Bureau de Crédit du Cambodge en mars 2012 par l'Etat afin de limiter les risques en centralisant les emprunts des clients.

    Tout comme la microfinance, le social business continue son ascension au Cambodge. De nouvelles entreprises telles que « Teuk Saat » signifiant « eau propre » en khmer utilisent par exemple l’énergie solaire afin de purifier l’eau. Cette eau est cinq fois moins chère que sur le marché local.

    Aujourd’hui, le secteur de la microfinance dans le pays évolue dans le bon sens. Les cambodgiens voient les Institutions de Microfinance comme un outil essentiel et efficace afin de réduire la pauvreté dans le pays.

    Sur MicroWorld.org vous pouvez financer de nombreux projets de micro-entrepreneurs en Asie, notamment au Cambodge : voir les projets

    Sources : Le Monde.fr, Blog Entrepreneurs du monde

    Tags : Cambodge, microfinance, MicroWorld, PlaNet Finance

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