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02.09.2010

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MicroWorld

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Pourquoi les femmes sont-elles au cœur du microcrédit ?

3 microcrédits sur 4 dans le monde sont consentis à des femmes. Seraient-elles meilleures emprunteuses que les hommes? Ou si défavorisées par ailleurs que le microcrédit apparaît comme leur seul recours ?

Les femmes sont les premières bénéficiaires des services de la microfinance(1). Ce qui pourrait sembler le renversement d’une traditionnelle discrimination à leur encontre en est pourtant l’exacte conséquence. Les femmes sont majoritaires dans l’obtention de microcrédits car elles sont, et de loin, les plus pauvres. Dans le monde, elles effectuent 2/3 du nombre d’heures de travail, mais ne gagnent pour cela que 10% du revenu total, possèdent moins de 2 % des terres, et reçoivent moins de 5 % des prêts bancaires.

Selon le rapport du dernier Sommet international du Microcrédit, 85 % des clients les plus démunies sont des femmes. Leur besoin d’un soutien réel dans leurs projets d’émancipation économique s’avère crucial (2).

Mais les femmes sont aussi considérées, en tant que telles, comme de meilleurs profils de microentrepreneurs. Selon Jacques Attali, fondateur de PlanetFinance : « 80 % des bénéficiaires du microcrédit sont des femmes, elles ont beaucoup plus la capacité à gérer une entreprise, puisque gérer une famille c’est déjà gérer une entreprise. Les hommes sont plus à la recherche de l’emploi de salarié ou de fonctionnaire, tandis que les femmes ont plus l’envie et le besoin de gérer, elles savent mieux ce que c’est qu’une entreprise. »

Les études menées ont démontré que les taux de recouvrement féminins sont plus élevés que chez les hommes et tournent autour de 98%. Elles consacrent aussi une part plus grande de leur revenu à la consommation du ménage comparé à leurs homologues masculins. Les revenus dégagés grâce aux microcrédits accordés aux femmes semblent bénéficier directement aux enfants et à la communauté. Elles répondent ainsi à l’objectif affiché de la microfinance de travailler à un essor aussi économique que social des populations défavorisées.

À la fin de 2006, la microfinance avait touché plus de 79 millions de femmes parmi les plus pauvres du monde (3). Dans les pays en développement, où les femmes sont le plus souvent exclues du pouvoir politique, économique et social, l’impact du microcrédit sur leurs conditions de vie est donc scruté avec attention. Car si les femmes sont de bonnes clientes, il s’agit encore d’évaluer si la microfinance a les moyens d’offrir en retour une émancipation réelle de leur statut. (lien article à venir et du même nom)

(1)-(2)-(3) Daley-Harris S., 2007, « Rapport sur l'état de la campagne 2007 du Sommet sur le microcrédit »

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