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24.10.2013

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Pourquoi la pauvreté persiste ?

Du 28 au 30 Octobre 2013 aura lieu à Londres le Forum Mondial pour l’inclusion financière en 2020. Ce Forum sera l’occasion de mettre en place un programme d’action pour parvenir à l’inclusion financière en 2020 et rassemblera de nombreux acteurs de ce secteur dans un environnement collaboratif comme par exemple Sendhil Mullainathan.

Sendhil Mullainathan, économiste de Harvard, accompagné de Eldar Shafir professeur en psychologie à Princeton, ont mené des recherches pour savoir quelle influence a la rareté sur notre vie, notre société et notre culture.

Dans leur récent livre “Scarcity : why having too little means so much”, ils tentent de répondre parmi tant d’autres à la question suivante : Pourquoi la pauvreté persiste ?

Ces derniers montrent qu’une fois que les personnes commencent à penser en termes de rareté et les stratégies qu’elle impose, les problèmes de la vie quotidienne deviennent de plus en plus présents. En conséquence, les hypothèses de rareté nous renseignent sur la réflexion autour de nos propres habitudes mais aussi sur l'inclusion financière.

En effet, selon Sendhil Mullainathan, la rareté dans les ressources financières aussi bien que dans le temps et les relations sociales entraînerait une forte concentration sur cette ressource manquante qui aurait alors des effets négatifs sur la façon dont nous pensons et agissons dans notre vie. Si cela est vrai, l’inclusion financière apparaît alors comme un acteur de changement qui diminuerait la rareté et ses effets.

Pour ceux qui vivent dans la pauvreté, ce phénomène peut avoir des conséquences dramatiques, les poussant ainsi dans une mentalité de pénurie qui accentuerait leur état de pauvreté. Pour les auteurs, ceci expliquerait un grand nombre de comportements que nous voyons à la base de la pyramide.
De plus, dans le sillage de cet état d’esprit, de petits imprévus économiques comme une maladie, un changement de revenu, des frais non attendus…perpétueraient la mentalité de rareté.

Comment les services financiers peuvent atténuer cette rareté ?

Les services financiers pourraient en effet à la fois aider et empêcher les gens de tomber dans un tel état d’esprit en les guidant pour qu’ils ne prennent pas de mauvaises décisions qui incombent dans une mentalité de pénurie et qui pourraient donc leur être défavorable.

Les gens qui vivent dans la pauvreté ont besoin de services financiers pour les aider à bâtir des économies. Ainsi, les prêts permettant de générer de l’épargne ainsi que les comptes d’épargne pourraient résoudre ce problème.

D’autre part, les personnes vivant dans la pauvreté ont besoin de produits financiers qui empêchent ou atténuent les situations de crises venant de chocs financiers inattendus.
Par exemple, un produit pour les agriculteurs qui aide à lisser les revenus entre les récoltes ou encore les prêts, épargnes ou assurances pour des événements particuliers (mariages, funérailles…) qui permettent d’allouer des fonds aux moments les plus opportuns.

C’est pourquoi l’inclusion financière a un rôle beaucoup plus important à jouer que nous le pensons, en fournissant des services financiers qui pourraient avoir des effets psychologiques et qui contribueraient à aider les gens à prendre de bonnes décisions pour eux-mêmes et leurs familles.
Cette hypothèse reconnaît alors le rôle de la compréhension des comportements lors de la création de produits financiers et encourage la capacité financière ; principes qui font partie de la feuille de route pour l’inclusion financière en 2020.

En savoir plus sur l’inclusion financière au Pérou et en Inde !

En savoir plus sur le Forum pour l’inclusion financière en 2020

Sources : CFI – Blog

Tags : inclusion financière, rareté, Forum Mondial pour l’inclusion financière, Sendhil Mullainathan, Eldar Shafir, produits financiers, MicroWorld