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18.04.2013

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Juliette

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Qu'est-ce que la microfinance Islamique ?

Aujourd'hui, nous vous présentons un nouveau secteur de la microfinance : la microfinance islamique.

La microfinance islamique est un secteur à fort potentiel d’expansion. Il est estimé que 72% de la population habitant dans des pays à majorité musulmane n’utilise pas des services financiers, car ceux-ci ne respectent pas les préceptes de la religion musulmane. Des personnes de croyance islamique utilisent des produits financiers conventionnels, mais diverses enquêtes montrent que si ces personnes avaient le choix d’utiliser des produits financiers compatibles avec les lois islamiques, ils préfèreraient se tourner vers ceux-ci.

L’Islam a un objectif social de soutenir les plus vulnérables, ce qui est en ligne avec la mission sociale des institutions de microfinance. Aujourd’hui, la micro-finance islamique se concentre dans trois pays : l’Indonésie, le Bangladesh et Soudan. Selon l’étude du CGAP, 300 000 clients sont touchés par la microfinance Islamique à travers 126 institutions opérant dans 14 pays et approximativement 80 000 clients touchés à travers un réseau de coopératives indonésiennes. Dans les pays islamiques, la microfinance islamique représente encore une part infime de la microfinance. Elle se développe souvent grâce au soutien gouvernemental comme au Pakistan, en 2007, où, des lignes directrices furent élaborées pour favoriser sa croissance.

La microfinance islamique est un nouveau domaine au sein de la finance islamique, où les banques islamiques fournissent une aide financière aux personnes exclues du système bancaire. Cette perspective de la microfinance, s'inscrit complètement dans la morale de l'économie islamique. Le concept de la microfinance islamique est de se conformer aux principes de l'islam et d'être impliqués dans des projets halal (autorisé par la Sharia). Les projets doivent être caritatifs ou contribuant au développement de l'économie d'un pays.

La microfinance islamique permettrait ainsi aux 650 millions de musulmans vivant avec moins de 2 dollars par jour d’avoir accès à des services financiers. Toutefois, malgré une multiplication par quatre du nombre de clients ces dernières années(estimé à 1,28 millions d'euros) et un doublement du nombre de fournisseurs, le secteur naissant continue à peiner pour se développer.

Dans une étude sur la microfinance, le CGAP a étudié la situation du secteur et identifié ensuite les principaux obstacles à sa croissance (Karim, Tarazi, et Reille 2008). En collaboration avec l'Agence Française de Développement, le CGAP a aussi mené une enquête en 2011 pour mieux comprendre la situation actuelle de l'offre de la microfinance islamique. Malgré l'augmentation impressionnante du nombre de fournisseurs et de clients de microfinance islamique, le secteur est encore largement dominé par quelques fournisseurs dans quelques pays qui dépendent principalement de deux produits seulement (le Murabaha et le Qard Hassan - voir image 1). Le secteur de la microfinance islamique a besoin d'une action concertée.

Les produits de la microfinance islamique

  • La vente de services de microfinance islamique – murabaha – est le contrat conforme à la
    sharia le plus couramment utilisé pour financer des biens constituant le fonds de roulement.
    Lorsque le client demande un produit spécifique, le bailleur de fonds l’acquiert directement sur
    le marché et le lui revend après avoir appliqué une marge fixe en rémunération du service fourni.
  • Qard al hassan est un prêt sans intérêts utilisé pour combler les déficits de financement à
    court terme. Le montant du principal du prêt est remboursé par l’emprunteur sans intérêt,
    marge ou participation à l’activité économique à financer. Qard al hassan, qui est conçu
    pour les gens dans le besoin, est le seul type de prêt qui existe dans la finance islamique.
  • Les contrats de partage des bénéfices et des risques les plus encouragés par les hautes
    personnalités de la sharia sont le musharaka et le mudaraba. Musharaka décrit la participation
    au capital d’une entreprise. Les parties se partagent les bénéfices ou les pertes selon un
    pourcentage préétabli. Ce type de financement peut être utilisé pour les actifs ou le fonds de
    roulement. Mudaraba est un instrument de financement fiduciaire où une partie tient le rôle de
    bailleur de fonds et l’autre apporte une expertise en gestion dans l’exécution du projet.
  • Salam est une avance de paiement contre une livraison future. Elle est souvent utilisée dans
    contextes agricoles, permettant aux agriculteurs de financer sa production en échange d'une prestation future du
    cultures. Pour que l'opération soit respectueuse de la sharia,la quantité, la qualité des biens futurs et la
    date de livraison effective doivent être explicitement stipulés.
  • Un contrat de change entre un vendeur et un acheteur est dénommé istisna`a. Les
    vendeurs peuvent soit fabriquer les produits eux-mêmes, soit les acheter auprès d’un tiers.
    Le client final peut payer le prix de vente soit en une seule fois à la signature du contrat,
    soit ultérieurement à d’autres stades du procédé de fabrication.
  • Micro-leasing : L’IMF permet à son client d’utiliser un actif qui lui appartient. Les risques restent au sein de l’IMF, contrairement à un leasing conventionnel (tous les dommages causés par voie non volontaire ou force majeure du client sont pris en charge par l’IMF, pour éviter que le leasing ne puisse être considéré comme une vente camouflée avec intérêt). Les flux de trésorerie sont ajustés de façon à ce que les coûts et les risques de l’IMF soient couverts. Les modalités du leasing sont déterminées à l’avance pour éviter toute spéculation.
  • Takaful : Le takaful est une assurance mutuelle. Chaque personne participe à un fond qui est utilisé pour aider le groupe en cas de besoin, par exemple, décès, pertes agricoles, accidents etc. Les primes payées sont réinvesties pour éviter le mécanisme d’intérêts.

Source : CGAP, Focus note trends in Sharia compliant financial inclusion

Tags : finance islamique, Microfinance Islamique, microfinance, MicroWorld

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