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28.11.2011

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La Rédaction

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Rachat des terres en Afrique : l’impact sur l’eau sous-estimé

source : The guardian, blog Poverty matters

Dans un nombre croissant de pays africains comme au Mali ou en Ethiopie, des milliers d’hectares sont rachetés par des entreprises étrangères, généralement pour y pratiquer des monocultures d’exportation (fleurs, fruits exotiques ou cultures pour des biocarburants). Non seulement ces rachats diminuent les surfaces disponibles pour les paysans locaux, mais ils diminuent les ressources en eau, souligne le blog Poverty Matters, du quotidien britannique The Guardian. Selon un institut britannique, l’IIED, qui vient de publier une étude sur le sujet, l’impact sur l’eau de ce type de cultures serait même largement sous-évalué.

Rachetées pour une utilisation agricole, les terres nécessitent une importante irrigation. Or il n’est pas rare, signale l’IIED, que les ventes de terres s’accompagnent de clauses qui autorisent l’utilisation gratuite et sans restriction des ressources locales, comme celles du fleuve Niger au Mali. De telles clauses augmentent la pression sur les accès à l’eau dans des pays déjà menacés par la pénurie. Cette réalité contraste singulièrement avec ce qui se passe dans des pays moins vulnérables : au Canada, par exemple, une agence spécialisée vient de remettre un rapport au gouvernement, recommandant de rendre payant l’utilisation de l’eau par les industries lourdes, les mines notamment.

A des milliers de kilomètres de là en Ethiopie, le barrage Gibe III, qui est principalement financé par la Chine, contribuera à l’irrigation des 150.000 hectares vendus par le gouvernement éthiopien à des investisseurs. Mais selon la Banque du Développement Africain, le barrage pourrait faire baisser de huit mètres, d’ici 2024, le niveau du lac Turkana situé au Kenya. Un impact préoccupant, alors que quelques 500.000 Kenyans dépendent du lac pour leurs besoins en eau.

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