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15.10.2013

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Repenser l’éducation financière dans les pays pauvres

Devons-nous repensez l’éducation traditionnelle financière ? Y-a-t-il une différence entre cette éducation dans les pays pauvres et riches ? Quelle méthode d’éducation choisir ?

Ce sont des questions que ce sont notamment posés les chercheurs Zollmann et Collins dans une de leurs études récentes qui suggère qu’en particulier parmi les pauvres, l’éducation financière traditionnelle n’est pas adaptée en termes de contenu et d’approche pédagogique.
En effet, il faudrait repenser le processus d’éducation financière et le fusionner avec la commercialisation du produit pour le rendre plus pertinent pour les clients et plus rentable pour les institutions financières.

Pour les pauvres, les décisions financières ne sont pas à grande échelle et ne résultent pas fréquemment de choix analytiques ou concernant l’affectation des fonds.
Ainsi, malgré des connaissances appréciables en budgétisation ou en épargne, certaines lacunes en produits financiers pourraient être comblées pour aider ces personnes à réaliser des objectifs à court et long terme.

Les participants à cette étude, ont toutefois déclarés qu’il leur semblerait difficile d’apprendre la gestion de l’argent dans une classe car celle-ci relèverait plus d’une question d’expérience.
En effet, ces personnes seraient-elles mieux amenées à tester des produits financiers à faible valeur et avec peu de risque pour s’assurer que la performance du produit est conforme à leur compréhension ?

D’après leurs propres expériences, Zollmann et Collins ont émis l’hypothèse que toutes les méthodes permettant d’aider les clients à connaître leurs propres opérations et de savoir si leurs attentes sont atteintes, augmenteraient l’utilisation du produit financier (ex : consultation et vérification des frais et soldes bancaires...).

D’autre part, ces chercheurs ont remarqués que la plupart des gens ont tendance au mimétisme, c’est-à-dire apprendre des succès ou échecs de leurs pairs. Ainsi, l’aide des pairs dans ce processus d’éducation financière peut être primordial, menant à plus de confort et de connaissance du produit.

Aujourd’hui encore l’éducation financière, reconnue comme un bien public, pose quelques interrogations :
les institutions financières doivent-elles utiliser ce bien pour commercialiser leurs produits, alors que cette éducation est faite pour protéger les gens contre l’exploitation par celles-ci ?

Tout d’abord, il faut chercher à comprendre les sources d’information des gens et comment elles affectent leur prise de décision, avant de pouvoir améliorer leur capacité financière.
Ainsi, des exercices pratiques peuvent fournir des connaissances visant à intérioriser les différents concepts de gestion d’argent. Celles-ci peuvent être ensuite complétées par des informations sur les produits et services disponibles.
Cette méthode permettrait aux clients de prendre leurs propres décisions concernant les produits à utiliser et ainsi exploiter pleinement le bénéfice mutuel de l’institution financière et de ses clients potentiels.

Avec plus de 2 milliards de personnes exclues du système financier, il apparaît essentiel de lier éducation financière et produits réels, pour fournir aux consommateurs l’utilisation et l’expérimentation des produits, mais surtout pour permettre une éducation financière à grande échelle.

Une institution financière travaille déjà sur ce sujet, il s’agit de Kshetriya Gramin Financial Services (KGFS). Son modèle vise à maximiser le bien être financier de chaque individu et de chaque entreprise par une évaluation de leurs besoins précis en produits financiers.
Ainsi les gestionnaires de patrimoine de KGFS sont évalués sur le bien être de leurs clients (actif net, niveau de protection, diversification des produits…) et non pas sur le nombre de produits qu’ils vendent.

Sources : Blog MicroSave

Tags : institution financière, éducation financière, KGFS, MicroWorld, produits financiers, gestion d’argent