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21.06.2012

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La Rédaction

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A Rio+20, Muhammad Yunus s’allie avec Schneider Electric

Source : Pavillon France Rio+20 et AFP

Muhammad Yunus, le « père spirituel » du microcrédit, fait escale au Brésil, à l’occasion du sommet de la Terre. Le 19 juin, il était l’invité du pavillon français de Rio+20, où il a présenté la nouvelle entreprise sociale Grameen Schneider Electric , qui vient d’être créée par l’entreprise française Schneider Electric et la Grameen Shakti. Grameen Schneider Electric ambitionne d’équiper 200.000 familles du Bangladesh en lampes solaires d’ici 2013, en s’appuyant sur le réseau de distribution du pôle énergie de la Banque Grameen. Cette entreprise, qui réinvestira 100% de ses bénéfices dans son activité, est co-financée par le fonds Schneider Electric Energy Access (SEEA) Fund, un fonds dédié à l’entrepreneuriat social et à la « Base de la pyramide ».

Yunus a ensuite fait un plaidoyer pour le « social business », avant de donner son avis sur l’utilité du sommet de la Terre. Selon lui, ce rassemblement pourrait avoir une utilité principale : inspirer les jeunes. « Les jeunes générations sont très différentes de celles qui les ont précédé. Les jeunes veulent contribuer à un changement radical. A Rio+20 nous devons leur donner cette chance. L’inspiration est la chose la plus importante, bien plus que les mots ou les documents officiels ».

L’engagement de Muhammad Yunus à Rio intervient alors que le futur de la Grameen Bank au Bangladesh serait menacé. A la mi mai, le gouvernement du Bangladesh, mené par la premier Ministre Sheikh Hasina, a en effet créé une nouvelle commission pour étudier les « forces et faiblesses » de la Banque et faire des recommandations sur sa gestion. Dans un communiqué, le professeur Yunus, qui avait été écarté de la gestion de la banque en 2011, a déclaré : « je crois sans aucun doute que le futur de la Banque Grameen sera mis en danger si le gouvernement augmente son rôle dans la banque ». Actuellement, 97% de la banque est détenue par les clients emprunteurs, mais le gouvernement pourrait être tenté de la privatiser (en la confiant à des proches ?), ou bien d’augmenter son contrôle. De fait, la Grameen peut se révéler un instrument extrêmement puissant : quel argument plus convaincant, à la veille d’une élection, que la promesse de baisser les taux du microcrédit, voir d’annuler une partie des remboursements ? Pour Yunus, la banque doit impérativement rester la propriété de ses clients.

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