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20.02.2011

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La transparence s’installe en Afrique de l’Ouest

Interview

ONG basée aux Etats-Unis, MF Transparency développe des initiatives pays par pays afin de favoriser la transparence au niveau des taux d'intérêt. Interview de Mélina Djre, chef de projet MF Transparency en Afrique de l'Ouest, titulaire d'un Master en microfinance et déjà forte de plusieurs années d’expérience dans le secteur.

Pourquoi MF Transparency s'implique-t-elle en Afrique de l'Ouest?

En Afrique de l'Ouest, la microfinance est très dynamique et fait l'objet d'une réglementation au niveau de l'Union Monétaire Ouest Africaine. Mais les consommateurs n'ont pas forcément les outils qui leur permettent de comparer, il n'y a pas, par exemple, de présentation standard pour les taux d'intérêt.

D'autre part, s'il y a un article dans la loi qui fait obligation aux Institutions de Microfinance (IMF) locales de publier les taux, dans la pratique, elles ne savent pas toujours comment mettre en œuvre cette obligation.

En quoi consistent vos actions pour la transparence au Sénégal ?

Le premier volet, d'août à décembre 2010, à consisté à collecter les données sur les coûts auprès des IMF volontaires : taux d'intérêt, frais de dossier ou d'administration, mais aussi épargne obligatoire quand elle est associée au crédit, car elle peut représenter un coût caché. Ensuite, nous retraitons ces informations pour disposer d'un coût global effectif pour chaque IMF, qui permet de les comparer. Ces résultats seront présentés aux IMF en mars 2011 avant d'être publiés sur notre site. Ils seront actualisés tous les ans.

Le deuxième volet de notre initiative concerne la protection des consommateurs. On essaie d'identifier les meilleures pratiques locales, ou les meilleurs outils, par exemple les tableaux d'amortissement les plus clairs, et on les présente sous forme de modèles aux autres IMF.

Combien d'IMF ont accepté de travailler avec vous ?

Nous avons lancé notre initiative avec le soutien de la Direction de la microfinance et de l'association professionnelle des IMF sénégalaises. Par la suite, treize IMF ont accepté de nous fournir le détail de leur prix. C'est moins que ce que nous prévoyions mais elles représentent tout de même plus de 80% du secteur.

Quels sont les autres pays d'Afrique francophone où vous intervenez?

Après avoir commencé au Sénégal en juillet/août 2010, l'initiative a continué au Burkina Faso, au Benin et au Togo. A partir de février/mars 2011, nous prévoyons de travailler au Mali et au Niger puis en Guinée Bissau et si le contexte politique le permet, nous interviendrons en Côte d'Ivoire.

Le taux d'intérêt est-il le seul critère de choix pour le client ?

Ce n'est pas le seul critère. A l'heure de choisir un fournisseur de microcrédit, la proximité est un élément de décision important, ainsi que la façon dont le client est reçu, et la gamme de produits proposés, adaptés aux besoins de la microentreprise. Mais si l'emprunteur a la possibilité de comparer, il est évident qu'il pourra faire un meilleur choix.

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